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ELLIADD

LA MEDIATION INTERCULTURELLE EN CONTEXTE

COLLOQUE INTERNATIONAL
Université de Franche-Comté
Besançon, mercredi 29 juin au vendredi 01 juillet 2016
A l’initiative du laboratoire
ELLIADD-pôle CLD (Contextes, Langages, Didactiques)

Appel à communications Bibliographie Calendrier Conférenciers invités
Comité scientifique Comité d’organisation Programme Partenaires
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Appel à communications

Le Pôle Contextes, Langages, Didactiques du laboratoire ELLIADD (EA 4661) organise, en partenariat avec l’INALCO (Paris), l’Université Landau-Koblenz et l’Université Daitô Bunka, un espace de discussions et de réflexions autour de la question de la médiation interculturelle en contexte. Ce 2ème appel à communications concerne la session réservée aux jeunes chercheurs.

Le concept de médiation est désormais clairement codifié et diffusé dans différents champs de la société civile. On peut parler de médiation familiale dans le cadre de tensions à gérer au sein de l’institution familiale, de médiation en entreprises ; la presse donne la parole à un médiateur qui articule courrier des lecteurs et rédaction du quotidien. Dans un sens le plus générique, la littérature scientifique soutient l’idée selon laquelle la médiation est une « entremise destinée à mettre d’accord, à concilier ou à réconcilier des individus ou des partis » (Kohler, 2015). Toutefois, pour être qualifiée de médiation, cette entremise doit respecter certaines conditions car la médiation se définit comme l’« action de mettre en relation, par un tiers appelé médiateur, deux personnes physiques ou morales, appelées ‘médiées’, sur la base de règles et de moyens librement acceptés par elles, en vue soit de la prévention d’un différend ou de sa résolution » (De Briant et Paluau, 1999).

Tout en reconnaissant la fertilité actuelle de ce concept, le présent colloque s’attache plus particulièrement à la médiation scolaire (depuis 1988, la fonction de médiateurs scolaires s’applique aux élèves formés à la gestion des relations entre leurs pairs), et l’élargit aussi aux différentes disciplines enseignées (langues étrangères et/ou régionales, littérature, sciences et techniques des activités physiques et sportives, sciences de l’éducation, etc). Dans ce cas, ce sont les situations pédagogiques qui sont au cœur du questionnement. Elles peuvent conduire à mobiliser le concept de « transposition didactique » (Verret, 1975) et à réfléchir à la transposition de savoirs disciplinaires en savoirs à enseigner et aux manières possibles de les enseigner.

En didactique des langues, les activités de médiation ont été définies dans le Cadre européen commun de références pour les langues (CECR, Didier, 2001, p. 71), une définition que nombre de didacticiens s’accordent à voir, 15 ans après sa parution, comme restrictive (Dervin et Liddicoat, 2013 ; Liddicoat et Scarino, 2013). La médiation y est associée à l’interprétation (orale) et la traduction (écrite). Un projet de recherche collective et bilingue (français / anglais) émanant de l’Association de Linguistique Appliquée (AILA) vise à élargir cette conception notamment dans les contextes plurilingues et pluriculturels. Les premiers résultats de cette recherche internationale réunissant des didacticiens d’anglais et de français (entre autres), œuvrant sur des terrains allemands, anglais, australiens, canadiens, français, japonais, caribéens et singapouriens seront présentés. Ils concourent à associer dimensions scolaire et sociale où la notion de « médiation interculturelle » prend tout son sens. Parmi les multiples acceptions en sciences sociales, nous retenons celle utilisée depuis de nombreuses années, à savoir que la médiation interculturelle facilite la communication et rapproche non seulement des personnes mais des univers culturels éloignés les uns des autres (Archibald et Garzone, 2014 ; Blanchet et Coste, 2010). Appliqué au domaine proprement scolaire, la médiation peut être pensée dans la perspective de favoriser la réussite scolaire des élèves les plus éloignés de la culture scolaire en explicitant ses attentes, ou encore pour désigner les actions engagées afin de faciliter les relations entre les divers acteurs de l’école (agents scolaires, élèves, familles, intervenants extérieurs, etc.).

Dans le domaine de la gestion des différences, elle accède à un registre normatif censé permettre de "mieux" vivre ensemble (Pizziconi et Locher, 2015). Communément définie comme le fait d’établir des liens de sociabilité entre des gens issus de cultures différentes et qui résidents sur le même territoire frontalier, ce colloque réinterroge cette définition au prisme de contextes plurielles. Afin de croiser les regards entre chercheurs, jeunes chercheurs et praticiens de la médiation interculturelle, le colloque ne manquera pas d’enrichir la réflexion par l’interaction entre pratiques de médiation et divers contextes d’observation et d’application (associatif, professionnel, familial, médical, juridique voire religieux). Y seront abordées, les nouvelles formes de médiations aujourd'hui conçues, expérimentées et explorées à travers les thèmes ci-après :

  • La formation des médiateurs interculturels : de l’intuitif au cognitif.
  • L'interculturel sous toutes ses formes, dans le temps et dans l'espace, en France et dans le monde.
  • La recherche et la formation dans le domaine de la communication par l’étude des langues, du langage, des modèles culturels, du conflit, de la médiation et de l’interculturalité.
  • La gestion de la diversité dans un monde globalisé où les individus sont impliqués dans des interactions communicatives avec des interlocuteurs d’environnements linguistiques et culturels différents : dans le travail, l’éducation, le tourisme, en situation d’immigration ou encore conflits d’ordres géopolitiques, etc.
  • Les modalités et conditions par lesquelles la médiation interculturelle s’opère en contexte de mondialisation.
  • La communication à travers deux à plusieurs codes linguistiques.
  • Le rôle de la culture dans la construction et perception de la réalité et ses liens avec la question de la réussite scolaire.
  • Le développement d’une conscience de l’interaction entre langue et culture dans la communication.
  • La médiation et les interdits d’ordre culturel et/ou religieux qui pèsent sur le comportement, le langage, les mœurs.
  • Adapter son comportement, sa tenue, son langage aux codes traditionnels.
  • Envisager la traduction comme la médiation entre des cultures.
  • Examiner un cas concret de situations de médiation (en situation pédagogique, d’immigration, de conflits, etc.).
  • Fournir une ressource pédagogique dans l'apprentissage des règles dans les interactions sociales.
  • Etudier les langues et les cultures, et la manière dont les différences ont été - ou pourraient être – gérées.
  • Interroger l’approche culturelle de la recherche qualitative.
  • Enrichir la réflexion théorique dans la conceptualisation de la médiation linguistique et culturelle
  • Redéfinir la communication interculturelle en se focalisant sur la « médiation entre individus » et sur un large éventail d’activités, de situations et de professions de médiation.

Bibliographie

ARCHIBALD, J. & GARZONE, G. (eds). (2014). « Conceptualising Linguistic and Cultural Mediation ». In : Archibald, J. & Garzone, G. (eds). Defining Linguistic and Cultural Mediation. A Multidisciplinary Approach. Lingue Culture Mediazioni - Languages, Cultures, Mediation Journal. Vol. 1, n°1-2, Tribunale di Milano edition, pp. 7-16.
BLANCHET, P. & COSTE, D. (2010). Regards critiques sur la notion d’ « interculturalité ». Pour une didactique de la pluralité linguistique et culturelle. Paris : L’Harmattan.
CONSEIL DE L’EUROPE. (2001). Cadre européen commun de référence pour les langues vivantes : apprendre, enseigner, évaluer. Paris : Éditions Didier.
DE BRIANT, V. & PALUAU, Y. (1999). La médiation : Définition, pratiques et perspectives. Volume 236 de Collection 128 : Sciences sociales. Paris : Nathan.
DERVIN, F. & LIDDICOAT, A. J. (eds). (2013). Linguistics for Intercultural Education. Amsterdam: John Benjamins.
KOHLER, M. I. (2015). Teachers as mediators in the foreign language classroom. Bristol: United Kingdom: Multilingual Matters.
LIDDICOAT, A. J. & SCARINO, A. (2013). Intercultural Language Teaching and Learning. New York: Wiley and Sons.
PIZZICONI, B. & LOCHER, M. (eds). (2015). ‘Teaching’ and ‘Learning’ (Im)politeness. Berlin: Mouton de Gruyter.
VERRET, M. (1975). Le temps des études. Thèse d’état, Université de Paris V. Paris : Librairie Honoré Champion.

Conférenciers invités

Philippe Blanchet est professeur de sociolinguistique et didactique des langues à l’université Rennes 2 (département Communication et laboratoire Plurilinguismes, Représentations, Expressions Francophones – PREFics EA 4246), où il est spécialisé en communication plurilingue et interculturelle. Il est également membre du Laboratoire de Linguistique et Sociodidactique du Plurilinguisme (LISODIP) de l’Ecole Normale Supérieure d’Alger-Bouzaréah. Il travaille sur les dynamiques de développement ou de discrimination de la pluralité linguistique dans les politiques linguistiques et éducatives ainsi que dans les relations sociolinguistiques en contextes francophones. Il est également l’auteur d’ouvrages de références en didactique des langues (avec P. Chardenet) Guide pour la recherche en didactique des langues et des cultures. Approches contextualisées. AUF / Editions des Archives Contemporaines, 2015 [2011]. Il est expert auprès de divers organismes internationaux (ONU, Conseil de l’Europe) et notamment auprès de l’AUF où il coordonne depuis plusieurs années un programme international de formation doctorale et de recherche en didactique contextualisée des langues et des cultures. Il est le responsable d’un master international intitulé Francophonie, Plurilinguisme et Médiation Interculturelle (FPMI) à l’université Rennes 2.

 

Anthony J. Liddicoat est professeur des universités  en linguistique appliquée au Centre de Recherche pour les Langues et les Cultures à l’Université de l’Australie-Méridionale. Ses intérêts de recherche comprennent la langue et  l’interculturalité en didactique des langues, l’analyse de discours et la politique linguistique. Il est actuellement co-coordinateur avec Geneviève Zarate du réseau de recherche d’AILA Intercultural mediation in language and culture teaching and learning/La médiation interculturelle en didactique des langues et des cultures et rédacteur en chef de la revue Current Issues in Language Planning. Il a éte president de l’Association australienne de linguistique appliquée et de la Fédération australienne d’associations de professeurs de langues vivantes. Ses publications inclue Language-in-education Policies: The Discursive Construction of Intercultural Relations (2013) Intercultural Language Teaching and Learning (2013 – avec Angela Scarino) Linguistics and Intercultural Education in Foreign Language Teaching and Learning (2013 – avec Fred Dervin) “Introduction to Conversation Analysis (2011), “Languages in Australian Education: Problems, Prospects and Future Directions(2010avec Angela Scarino) “Language Planning in Local Contexts” (2008 – avec Richard Baldauf); “Discourse Genre and Rhetoric (2008); et “Language Planning and Literacy” (2006).

Comité scientifique (coordonné par Geneviève Zarate)

Fabrice Barthélémy, Maître de conférences, Université de Franche-Comté, EA 4661 ELLIADD, France

Stella Cambrone-Lasnes, Maître de conférences, Université de Franche-Comté, EA 4661 ELLIADD, France

Daniel Kwang Guan CHAN, Maître de conférences, Université Nationale de Singapour, Singapour

Mariko Himeta, Professeur des universités, Université Daitô Bunka, Japon

Tony LIDDICOAT, Professeur des universités, Université d’Australie du Sud, Australie

Marie Laure Mallet, Chercheure Marie Curie (Allemagne) / Fulbright Alumnae (Université d’Harvard, 2013)

Cécile Medina, Maître de conférences, Centre de Linguistique Appliquée-Besançon, EA 4661 ELLIADD, France

Anne-Claire Raimond, Maître de conférences, Université de Franche-Comté, EA 4661 ELLIADD, France

Angela Scarino, Directrice du Centre de Recherche pour les Langues et les Cultures, Université d’Australie du Sud, Australie

Geneviève Zarate, Professeur des universités émérite, INALCO, EA 4514 PLIDAM, France

Comité d’organisation (coordonné par Stella Cambrone-Lasnes)

Afaf Baala, ATER, Centre de Linguistique Appliquée-Besançon, EA 4661 ELLIADD

Jacqueline BREUGNOT, Maître de conférences, Université Koblenz-Landau, Allemagne

Stella Cambrone-Lasnes, Maître de conférences, Université de Franche-Comté, EA 4661 ELLIADD, France

Cécile Medina, Maître de conférences, Centre de Linguistique Appliquée-Besançon, EA 4661 ELLIADD, France

Anne-Claire Raimond, Maître de conférences, Université de Franche-Comté, EA 4661 ELLIADD, France

Emilie Saunier, Maître de conférences, Université de Franche-Comté, EA 4661 ELLIADD, France

Programme définitif

Consulter le programme

Informations pratiques

Lieu du colloque

Le colloque aura lieu dans le centre-ville historique de Besançon, à l’UFR des Sciences du Langage, de l’Homme et de la Société de l’Université, au salon Préclin situé 30 rue Mégevand.

La Faculté se situe à 20 minutes à pieds et 10 minutes en bus de la Gare SNCF Besançon-Viotte.

Les plans des bâtiments de l’UFR sont disponibles ici.

Transports

Train : le trajet en TGV de Paris Gare de Lyon à Besançon Viotte (centre-ville) dure environ 2 heures 30.


Partenaires

Université de Bourgogne Franche-Comté

Inalco (PLIDAM, EA 4514)

Université Landau-Koblenz

Université Daitô Bunka

Service de communication de l’ESPE de Franche-Comté

Ville de Besançon

Contact

stella.cambrone-.fr